L'ARBALETE DE GUERRE AU MOYEN-AGE

dscf5433.jpgL'apparition de l'arbalète remonte à plusieurs siècles avant J.C et ce, en extrême-orient. Cinq siècles avant J.C, le chinois Sun Tzu, dans son récit "l'art de la942755-467395959995251-1158659763-n-2.jpg guerre", cite l'arbalète utilisée par les armées chinoises. On admet que les romains la pratiquent également sous la forme du "scorpion" que l'on peut qualifier d'arbalète lourde. Son utilisation est abandonnée lors des invasions germaniques, par principe culturel ; les peuples germaniques privilégiant le combat au corps à corps à celui des armes de jet. Pour d'autres peuples cavaliers, il est évident que l'arc, plus maniable, lui est préféré.

Elle réapparaît comme arme de guerre (la chasse l'utilise encore) auXIe siècle selon le témoignage d'Anne Comnène de Bysance (1083-1148) qui décrit les arbalètes des croisés francs très précisément ainsi que leur méthode d'armement par blocage de l'arc avec les pieds (arbalète dépourvue de levier, dite arbalète à deux pieds). Sa force et sa précision la font apprécier par les armées médiévales. Elle ne peut donc qu'é voluer pour devenir une arme de piéton perfectionnée, très puissante. L'éradication de ses défauts majeurs - lenteur d'armement et encombrement - ne sera effective qu'au... XXe siècle, c'est à dire récemment.

Elle joue néanmoins un rôle important, voire primordial au cours des croisades et des guerres médiévales européennes. Ses véritables problèmes sont le fait des chevaliers français prétentieux, dont l'impéritie en tactique militaire, provoque moultes défaites désastreuses. Les compagnies d'arbalétriers, à l'instar des piétons et des archers, sont méprisées sur les champs de bataille. En outre, l'arbalète, qualifiée d'arme perfide par cette chevalerie, est condamnée par un clergé, qui, au concile oecuménique de Latran (1138-1139) confirmé en 1215, exige son exclusion des armées chrétiennes. Un Prince anglais, Richard coeur de liophpthumb-generated-thumbnailjpg.jpgn, n'applique pas les injonctions papales et réintroduit l'arbalète dans les armées de ses possessions françaises en Aquitaine, inévitablement suivi par Philippe Auguste, efficacité militaire oblige. Le destin de Richard coeur de lion est intimement lié à l'arbalète puisque celui-ci meurt en 1199 des suites d'une blessure par carreau d'arbalète au siège de Chalus.

Précisons que l'arbalète reste appréciée des français alors qu'elle est supplantée chez les anglais par leur célèbre arc "long bow". Pendant un siècle, l'arbalète prouve son efficacité dans les batailles fratricides européennes. Une tactique efficace consiste à présenter au combat des unités mixtes d'arbalétriers et d'archers, alliant ainsi puissance-précision et rapidité-masse de tir. Ainsi se termine notre période.

L'aventure de l'arbalète continue bien entendu aux XVème et XVIème siècles. Ses perfectionnements techniques sont remarquables en portée et en précision grâce aux arbalètes à tour et à cranequin, améliorations contrecarrées par cette chevalerie restée vaniteuse et ingrate (Crécy, Azincourt entre autres). Mais ceci est une autre histoire et il y a tant à écrire sur l'arbalète que je préfère vous renvoyer vers l'ouvrage de Gilles Bongrain "l'arbalète" éditions Crépin-Leblond.


Chris de Kruusboogschutter

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