BARBIERS ET... CHIRURGIENS

L'ancien métier de barbier-chirurgien remonte au Moyen-Age, à une époque où la chirurgie a été condamnée par l'Eglise et où les actes chirurgicaux doivent pourtant être pratiqués.

En effet, en 1163, lors du concile de Tours, l'Eglise décrète : "Ecclesia abhorret a sanguine" ( l'Eglise hait le sang ). Avec ce décret, les médecins, la plupart membres du clergé à l'époque, ne peuvent plus pratiquer la chirurgie, et celle-ci est reléguée à un rang inférieur pour de nombreuses années.

En 1215, le quatrième concile du Latran va plus loin et interdit explicitement aux prêtres d'exercer la chirurgie. Cette interdiction de la pratique de la chirurgie par les médecins conduira les barbiers à réaliser des interventions de petite chirurgie et de dentisterie.

La profession de chirurgien n'est pas clairement différenciée de celle de barbier jusqu'à ce que Jean Pitard, premier chirurgien de saint Louis, crée au XIIIe siècle la confrérie de Saint-Côme et de Saint-Damien qui distingue les chirurgiens dits de robe longue qui doivent désormais passer un examen devant leurs pairs avant d'exercer, des chirurgiens dits de robe courte ou barbiers qui ne sont plus chargés que des interventions minimes.

Les chirurgiens abandonnent vite les petites besognes comme ouvrir les abcès, pratiquer la saignée, appliquer les ventouses, soigner les plaies superficielles et les traumatismes légers ainsi que les affections cutanées aux barbiers. Les barbiers sont aussi amenés à poser des pansements ou autres compresses et sont reconnus pour pratiquer des actes de chirurgie sur des plaies non-mortelles.

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L'enseignement du barbier est basé sur l'apprentissage. Ainsi à Paris tout postulant barbier commence comme apprenti avant de devenir valet (ouvrier) et pour finir maître après un examen. De l'autre côté, une licence sanctionne les 8 à 12 années d'études du chirurgien et l'autorise à exercer son art : petite chirurgie, chirurgie lourde, traitement des traumatismes comme les réductions de fractures, opérations des tumeurs comme les écrouelles.

Lors des campagnes militaires, le but de ces hommes était de faire de leur mieux pour sauver leurs frères d'armes. Ils semblaient assez peu nombreux et, l'ouvrage ne manquant pas, la hiérarchie décrite plus haut devait passer au second plan après les batailles.

 

       Pieter de Schodt 

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